Leçon 2 · Module A · Comprendre l’épreuve

Travailler le français-philo comme une démonstration mathématique

Pensez à une démonstration mathématique qui vous a résisté, et que vous êtes maintenant incapable d’oublier parce que vous en avez compris la logique. En français-philo, on peut faire exactement la même chose.

Par Alexandre Mouchel, professeur agrégé de lettres classiques · Vidéo de 5 min · Version écrite : 3 min de lecture

La version écrite de la vidéo se trouve juste en dessous.

À retenir de cette leçon

Avant d’apprendre des kilomètres de citations, comprendre intimement les problèmes philosophiques posés par le thème de l’année.

Dans cette leçon

Un malentendu très répandu : le français-philo n’est pas le bac d’histoire

Beaucoup de candidats travaillent l’épreuve de français-philo comme ils travaillaient l’épreuve d’histoire au bac : en accumulant le plus possible de connaissances. Pour le bac d’histoire, ils apprenaient des dates, des événements, des personnages historiques. Pour le français-philo, ils apprennent des kilomètres de citations, des sous-parties rédigées, des fiches sur les notions de philosophie, en espérant que ce stock pourra être réutilisé efficacement dans leur copie.

C’est un malentendu. Ce qui fait une bonne note, ce n’est jamais le stock de connaissances, ni le fait d’en mettre le plus possible dans sa copie. Jamais.

Ce qui fait une bonne note, c’est la capacité à conduire un raisonnement dans la forme prévue par l’exercice, en prenant en compte le jugement formulé par le sujet. Ce n’est donc jamais une épreuve d’érudition, une épreuve d’accumulation des connaissances.

Ce qui fait réussir en français-philo fait déjà réussir en maths

Autrement dit, ce qui fera votre réussite en français-philo, c’est ce qui fait déjà votre réussite en mathématiques : votre capacité à dominer un concept, à en comprendre les tenants et les aboutissants, à comprendre comment, dans l’histoire de la philosophie, on a résolu le problème posé par la notion au programme.

Vous pourrez alors traiter n’importe quel sujet de dissertation à l’aune de concepts, de problèmes et d’interrogations dont vous comprenez intimement la nécessité et la logique.

Première règle

Avant d’apprendre des kilomètres de citations, cherchez à comprendre intimement les enjeux philosophiques du programme de l’année.

Comprendre la logique, c’est ne plus l’oublier

Pensez à ce qui se passe quand vous cherchez à intégrer la logique d’une démonstration mathématique. Une fois que vous l’avez comprise, il est très difficile de l’oublier. Quelque chose se fait dans le cerveau qui vous permet de refaire le raisonnement sans avoir la démonstration sous les yeux. Il y a une dose de par cœur, bien sûr, mais l’apprentissage est beaucoup plus facile qu’avec une démonstration apprise par cœur sans être comprise.

C’est la même chose en français-philo. Le thème de l’année, quel qu’il soit, pose un nombre limité de questions philosophiques : ce sont les problèmes posés par la notion au programme. Et l’on peut apprendre :

  • d’où viennent ces problèmes ;
  • comment ils se formulent ;
  • comment les philosophes ont cherché à y répondre.

Une fois qu’on a compris cette logique, on peut, comme en mathématiques, refaire le chemin de la résolution de chaque problème philosophique.

Impossible d’être surpris par le sujet

Ce travail a une conséquence très rassurante. Le sujet qui tombera le jour de l’écrit s’inscrira nécessairement dans l’un ou plusieurs des problèmes posés par la notion au programme. Si vous les avez compris, vous n’avez aucune raison d’être surpris : en français-philo, on retombe toujours sur ses pattes.

Cette compréhension intime des problèmes posés par la notion vous permettra :

  • de comprendre tout de suite d’où vient le sujet ;
  • de vous guider assez aisément dans la résolution du problème qu’il pose ;
  • de proposer un plan pertinent pour le traiter.

Tout cela parce que vous aurez intégré, comme une démonstration mathématique, les problèmes et les résolutions proposés par la philosophie.

Et maintenant : combien de temps y consacrer ?

Il faut consacrer du temps à l’épreuve de français-philosophie, et en prépa, on manque souvent de temps. Dans la leçon suivante, je vous donne la bonne durée de travail hebdomadaire à consacrer à cette épreuve.

Appliquer ce geste à votre propre copie

Vous comprenez la méthode, mais sa mise en œuvre reste difficile ? En cours particulier, nous partons d’un de vos devoirs pour identifier le point à retravailler et le corriger ensemble. Réservez directement votre créneau dans mon agenda.