Faciliter le travail de votre correcteur
Il n’y a sans doute rien de plus rébarbatif que de corriger un paquet de dissertations de français-philo. Votre correcteur n’est pas en train de passer un bon moment avec le paquet de copies dans lequel se trouve la vôtre. Il faut lui faciliter le travail.
Vous serez corrigé par quelqu’un qui a envie de vous comprendre et de valoriser votre travail. Mais si vous ne l’aidez pas, il ne vous aidera pas non plus. Chaque fois qu’il doit s’arrêter sur un mot pour le déchiffrer, chaque fois qu’il doit s’arrêter pour comprendre où vous voulez en venir, vous lui donnez des arguments pour faire descendre votre note. Une graphie très difficile à lire sur toute la copie, ou des passages régulièrement obscurs, peuvent faire chuter votre note de façon importante.
La lisibilité de votre écriture et l’intelligibilité de votre propos ne sont absolument pas anecdotiques : considérez qu’elles font partie de l’épreuve.
Vous n’êtes pas payé à la page
Ce n’est pas parce que vous écrivez plus que les autres que vous aurez une meilleure note. C’est même en général l’inverse. Je vous encourage à écrire entre 6 et 8 pages, pas plus : il n’en faut pas davantage pour obtenir une très bonne note. La dissertation obéit d’abord à un principe de concision.
Pensez-y ainsi : au moment où votre correcteur commence à lire votre copie, vous avez 20 sur 20. C’est au fil de la lecture qu’il vous enlève des points. Plus vous écrivez, plus vous lui donnez de ressources pour faire descendre votre note ; moins vous écrivez, plus vous préservez votre capital de 20 points.
Écrire moins vite
Il faut aussi écrire moins vite, surtout si votre graphie est difficile à lire (et on vous l’a sans doute déjà dit). Écrire plus lentement pour mieux former vos lettres présente deux avantages :
- vous gagnez en lisibilité ;
- vous prenez davantage le temps de penser à ce que vous allez écrire.
Cela vous forcera aussi à écrire un peu moins, et ce n’est pas du tout un drame si votre lisibilité monte en flèche. Une copie de 8 pages difficile à lire aura presque toujours une moins bonne note qu’une copie de 6 pages facile à lire, avec le même contenu un peu plus condensé.
À retenir
Écrivez moins, écrivez mieux, écrivez plus condensé. Et si vous le pouvez, abandonnez le stylo-bille pour un stylo plume : c’est beaucoup plus élégant, et votre copie devient tout de suite plus agréable au correcteur.
La propreté : pas de blanco, on raye à la règle
Le jour du concours, on n’utilise ni blanco ni souris correctrice : avec la numérisation des copies, votre copie pourrait être refusée. Pour supprimer quelque chose, rayez proprement, avec une règle. La règle est obligatoire.
Je vous assure que, lorsqu’on corrige, on ne s’amuse pas à lire ce qui a été rayé : on a envie de terminer son paquet de copies le plus vite possible. On raye, sans aucun regret, et on continue à la suite.
La mise en page : le GPS de votre copie
Quelques règles simples, que je vous montre dans la vidéo sur la copie que j’ai rendue en dissertation française à l’agrégation :
- marquez un alinéa au début de chaque paragraphe ;
- entre l’introduction et le développement, sautez trois ou quatre lignes ;
- entre deux sous-parties, on marque un alinéa, mais on ne saute pas de ligne ;
- entre deux grandes parties, on saute des lignes, un peu moins qu’entre l’introduction et le développement, mais on le fait ;
- entre le développement et la conclusion, on saute à nouveau plusieurs lignes, pour indiquer explicitement qu’on passe à la conclusion.
Votre correcteur a besoin de savoir très précisément où il se trouve dans votre copie : il faut lui donner le GPS de votre copie. S’il est perdu, c’est très compliqué pour vous. Ces règles valent d’un concours à l’autre.
La suite : travailler les œuvres
Nous en avons fini avec tout ce qui touche la copie du jour de l’épreuve. Dans les trois leçons suivantes, je vous donne une méthode complète pour travailler les œuvres petit à petit tout au long de l’année, jusqu’à les posséder vraiment. On commence par le patrimoine de textes.
