Trois mouvements, quel que soit le nombre de parties
Quel que soit le nombre de parties que vous rédigez, on doit retrouver dans votre devoir trois mouvements :
- Je vais dans le sens du sujet. En général, c’est l’objet de la première grande partie.
- Je montre ce que le sujet a d’insatisfaisant. C’est le moment où l’on chausse les gants de boxe.
- Je propose un dépassement, une autre piste d’interprétation, quelque chose de plus juste pour penser le problème global posé par la citation. C’est peut-être le moment le plus personnel.
Oubliez thèse-antithèse-synthèse
Ces trois mouvements ne recoupent pas du tout le fameux plan thèse-antithèse-synthèse. Avec eux, vous construisez un édifice, étage par étage.
Ce qui est établi en première partie n’est pas remis en cause. La deuxième partie, qui montre ce que le sujet a d’excessif, construit au-dessus de ce qui a été attesté en première partie quelque chose qui sera vrai, lui aussi. Le dépassement prolonge cet édifice d’un jugement un peu plus vrai, un peu plus sûr. À tout moment, on accumule des choses qui resteront vraies : on s’appuie sur les enseignements de la première partie pour aller un peu plus loin.
À retenir
On dit oui dans la première grande partie, on dit mais dans la deuxième (attention : on ne dit pas « non », on dit « mais »), et dans le moment du dépassement, on dit plutôt. Oui, mais plutôt.
Thèse-antithèse-synthèse, à l’inverse, n’est pas un mouvement positif : on dit une chose, on la contredit, puis on fait une « synthèse » qui mélange tout. Ce n’est pas du tout ce que vous devez faire. Vos parents l’ont peut-être appris ainsi ; on ne le fait plus. On construit un édifice de vérité qui s’appuie sur ce que le sujet a de juste, puis, avec les contradictions qu’on lui oppose et le dépassement, on arrive à un jugement stable.
Le dépassement : une troisième partie, ou la fin de la deuxième
Tout dépend de ce que vous voulez et pouvez faire. Si vous conceptualisez bien un jugement qui permet de retrouver un équilibre beaucoup plus stable après avoir examiné la citation dans le détail, faites une troisième grande partie : elle sera sans doute très pertinente.
Si votre idée de dépassement vous semble plus modeste, la troisième sous-partie de votre deuxième grande partie peut réserver ce moment de dépassement, en proposant des pistes plus justes ou plus satisfaisantes. Cela suffira très bien.
Ce qu’attend chaque concours
Une fois la théorie posée, il faut l’adapter aux exigences de chaque concours.
- X-ENS exige un plan en trois parties. Vous ne pouvez pas espérer une bonne note avec seulement deux parties : forcez-vous à en faire trois.
- Mines-Ponts semble préférer les plans en trois parties. Mais un rapport de jury précise que c’est la cohérence globale qui doit primer : mieux vaut un plan en deux parties qui ne se contredisent pas grossièrement qu’une troisième partie « postiche », une fausse fenêtre qui énonce des vues sans lien avec le sujet. Donc plutôt trois parties ; mais si vous n’avez pas d’idée de dépassement, ce qui arrive, deux grandes parties solides avec un petit moment de dépassement à la fin de la deuxième.
- Centrale-Supélec et CCINP : je vous conseille deux grandes parties. La contraction de texte vous prend déjà beaucoup de temps ; mieux vaut deux grandes parties vraiment solides qu’une troisième partie bancale que vous n’aurez pas le temps de finir. Les rapports de jury l’encouragent : faites-le sans aucun remords.
Et les sous-parties ?
Traditionnellement, une dissertation, c’est trois sous-parties par grande partie. Visez toujours trois sous-parties. Si vous n’arrivez pas à trouver une troisième sous-partie convaincante, de longueur égale aux autres, fondez cette sous-partie hypothétique dans l’une des deux autres : des sous-parties déséquilibrées, c’est un peu embêtant. Deux sous-parties dans une grande partie, ce n’est pas un drame non plus.
La suite : faut-il citer toutes les œuvres partout ?
Une question qu’on me pose souvent : faut-il citer toutes les œuvres au programme dans chaque sous-partie ? Réponse dans la leçon suivante.
