Leçon 11 · Module C · Construire et rédiger

Confronter les œuvres entre elles : poser, résister, déplacer

Le jury n’attend pas que vous citiez chacun des auteurs au programme dans chaque sous-partie. En revanche, il attend les trois auteurs dans chaque grande partie. Et cela change beaucoup de choses.

Par Alexandre Mouchel, professeur agrégé de lettres classiques · Vidéo de 4 min · Version écrite : 3 min de lecture

La version écrite de la vidéo se trouve juste en dessous.

À retenir de cette leçon

Mobiliser les trois auteurs dans chaque grande partie (pas dans chaque sous-partie) et confronter les œuvres : poser, résister, déplacer.

Dans cette leçon

Les trois auteurs dans chaque grande partie, pas dans chaque sous-partie

Je lis souvent des copies d’étudiants qui se sont dit : « Je vais m’efforcer de citer les trois auteurs dans chaque sous-partie. » Cela donne des sous-parties assez longues, avec de nombreux exemples et de nombreuses citations. On pourrait se dire : très bien.

Sauf qu’en procédant ainsi, on ne se donne pas le temps d’analyser précisément les exemples que l’on convoque. On reste à la surface des choses, et l’on ne peut pas argumenter avec profondeur. Comment exploiter un exemple dans le détail, avec précision et intelligence, quand on en enchaîne trois par sous-partie ? Ce n’est tout simplement pas possible.

Ne vous obligez donc surtout pas à citer les trois auteurs dans chaque sous-partie. C’est à l’échelle de la grande partie que chacun des trois auteurs doit être mobilisé.

À retenir

Trois auteurs par grande partie : c’est une exigence. Trois auteurs par sous-partie : surtout pas, car vous n’auriez plus le temps d’exploiter vos exemples.

Mieux encore : confronter les œuvres

Mobiliser chacun des trois auteurs, c’est très bien. Mais il y a encore mieux, et c’est valorisé par les jurys : confronter les œuvres entre elles.

Confronter, c’est prendre un exemple dans une œuvre 1, puis montrer comment l’œuvre 2 prolonge ce que l’œuvre 1 permettait de voir, ou au contraire le contredit, le nuance. Ce n’est pas obligatoire, mais c’est vraiment valorisé : si vous visez une très bonne note, cherchez à le faire.

Trois verbes : poser, résister, déplacer

Pour vous aider à confronter les œuvres, retenez trois verbes.

  1. Poser. On pose une œuvre, un premier exemple, qui sert de premier cadre à l’argumentation.
  2. Résister. On amène un deuxième exemple, tiré d’une autre œuvre, qui montre que le cadre posé n’est pas suffisant pour rendre compte de la réalité du concept que l’on voulait penser à ce moment du développement.
  3. Déplacer. Un troisième exemple déplace l’interrogation grâce à un nouveau concept, qui permet de penser à nouveaux frais le problème posé par l’œuvre 1 et l’œuvre 2.

Poser, résister, déplacer : voilà comment on organise le dialogue entre les œuvres dans sa copie.

À l’intérieur d’une même œuvre aussi

Cette confrontation peut aussi se faire à l’intérieur d’une même œuvre, en faisant dialoguer différents moments du texte. Cela marche également très bien.

Dans tous les cas, c’est la bonne connaissance des œuvres, et des nombreux textes que vous aurez travaillés et exploités pendant l’année, qui rend possible ce travail de confrontation. Nous verrons comment acquérir cette connaissance dans les leçons sur le patrimoine de textes et les micro-citations.

La suite : écrire avec des essuie-glaces

Vous savez maintenant ce qu’attendent les jurys et comment construire l’architecture de votre devoir. Passons aux choses sérieuses : après avoir chaussé vos gants de boxe, vous allez apprendre à écrire non plus avec votre stylo, mais avec des essuie-glaces. Tout est expliqué dans la leçon suivante.

Appliquer ce geste à votre propre copie

Vous comprenez la méthode, mais sa mise en œuvre reste difficile ? En cours particulier, nous partons d’un de vos devoirs pour identifier le point à retravailler et le corriger ensemble. Réservez directement votre créneau dans mon agenda.